Sommaire:

  1. Le village
  2. Le monument aux morts

 

 

 

 

Le village

Superficie : 4 066 ha.vue ensemble
le village s’est développé sur un promontoire, de 192 m à 210 m.
Nombre d’habitants : 1 421 Hb (dernier recensement).

Le gentillet : Avignonétains et Avignonétaines
Jumelée avec Avinhonet de Puigventos (Espagne)
Fête locale : Premier WE suivant le 1er mardi de Juin

 

rempartAvignonet se trouve à quelques encablures du Seuil de Naurouze, cet espace de partage entre l’Est et l’Ouest, la Méditerranée et l’Atlantique, la pierre de taille et la brique rouge, le vent d’autan et le Cers, les cyprès et les chênes.
La commune se situe des fractures dans la molasse qui ont provoqué cette gouttière bordée de collines dans laquelle coule l’Hers Mort et où passent Canal du Midi, R.N. 113 et A 61, voies importantes de communication. Située à l’extrême sud-est du département de la Haute-Garonne, Avignonet, depuis la réforme territoriale est au centre de la Nouvelle Grande région née de la fusion de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon.

 

Parlez-vous le vent courant? Des vents qui soufflent sur Avignonet, l’Autan en est certainement la vedette, il nous rend visite pas moins de 90 jours par an. La Bise vient du Nord, cinglante et glaciale en hiver.

 

Avignonet, un village rural qui se trouve au cœur d'une grande région céréalière. Dès l'époque gallo-romaine, le blé fait la richesse du Lauragais. C’est au pastel ensuite de faire la prospérité du pays au XVème siècle. Cette plante d’aspect très commun permet de produire une teinture bleue qui en fera la richesse, au point de lui donner son nom « Le pays de cocagne ». Le déclin du Pastel au milieu du XVIème siècle, concurrencé par l’indigo venu des Amériques, relance la culture du blé qui connaît un nouvel essor. Le Canal du midi dès 1681, puis la voie ferrée en 1857, Toulouse-Narbonne permettent l’acheminement de cette céréale vers la Catalogne et l’Italie.

 

 

Le Monument aux Morts.

Monument actuelL'Armistice du 11 novembre 1918, suivi quelques semaines plus tard de l'arrêt des combats a été accueilli par toute la population française comme un immense soulagement, et une grande tristesse car un grand nombre des soldats engagés dans cette guerre y avaient perdu la vie.

Le deuil de la Grande Guerre a déterminé les communes à rendre hommage à leurs morts pour la Patrie. Dans les années 1920-1925, ce sont quelques 36 000 monuments aux morts qui furent érigés malgré les difficultés de la reconstruction. L'État est intervenu pour accorder des subventions et réglementer les édifications, les souscriptions populaires couvrant parfois la totalité des dépenses.

Sur Avignonet-Lauragais, 56 enfants du pays ont trouvé la mort sur les champs de bataille de la grande guerre.

Pour consulter la liste  sur registre d'or du service des pensions http://www.memorialgenweb.org/

Honorer la mémoire des disparus :
En 1919, quelques semaines avant l’inauguration du monument aux Morts, une stèle est érigée dans l’église paroissiale Notre dame des miracles.
On peut lire l’épitaphe ‘‘ Aux paroissiens d’Avignonet-Lauragais Morts pour la France. 1914-1918 ’’

 

 

 

Stele Eglise NdMStèle Eglise Notre Dame des Miracles

 

 

Pour honorer et ne pas oublier le sacrifice de ses enfants, le conseil municipal d’Avignonet-Lauragais prend très tôt la décision d’élever un monument imposant et visible par tous, pour léguer aux générations futures le souvenir du sacrifice au combat des enfants de la commune morts pour la France. Une liste des soldats morts pour la France sera érigée en Mairie.

Plaque MairiePlaque Mairie - Salle des Mariages

 

On retrouve aussi  un monument plus modeste dans les hameaux de Saint-Brice et de Saint-Assiscle

St Brice

Saint-Brice

St Assiscle

Saint-Assiscle

Le conseil municipal dès le début de 1919 traite des travaux pour ériger le monument et du choix de son emplacement. Voulant conférer toute la solennité possible à cette oeuvre et décide de l’installer sur la principale place publique ‘’la place du Ravelin’’.
De l’époque de la construction, Il existe encore dans les locaux de la mairie, la maquette en plâtre du monument aux morts de la guerre 1914-1918, réalisée par le sculpteur statuaire Georges VIVENT professeur à l’école des beaux arts à Toulouse. Le projet est approuvé le 25 février 1919 par le Maire d’Avignonet. La convention est passée avec le sculpteur le jour même pour la réalisation dans les meilleurs délais du dit monument au prix de 4500,00 Francs. Le monument sera terminé en octobre et inauguré le 2 novembre 1919. En 1925 une grille en fer forgé, sur un sous bassement en brique, sera réalisé par André BARLAN serrurier à Toulouse pour la somme de 3948,00 Francs et viendra clôturer complètement le monument.

Peu de modèles en plâtre des monuments érigés dans les communes ont été conservés, d'où sa valeur documentaire et historique.

Emplacement initial monument4

Emplacement initial du Monument

Croquis Monument7

Croquis d'époque

Maquette Monument5

Maquette en plâtre

Finalement le projet du sculpteur statuaire Georges VIVENT est retenu pour un devis de 4500,00 Francs. Posé sur un socle , un obélisque dressé accueille ‘’La Femme ailée’’ tenant de la main droite au dessus de sa tête un rameau et de la main gauche une couronne d’olivier, allégorie de la victoire, inspirée d’une figure antique appelée « Victoire ». Des motifs décoratifs seront gravés , un rameau d'olivier en signe de paix, le glaive du soldat représentent les vertus intérieures du héros tandis que Le casque de poilu, créé en 1915, symbolise la France combattante, la mémoire du conflit, les soldats tués au combat aussi bien que l’armée victorieuse. Au dessous sera gravé la dédicace ‘’ Aux enfants d’Avignonet-Lauragais Morts pour la France – 1914-1918 ’’.L’aire sacrée sera délimitée par quatre bornes reliées par des chaînes. Une grille en fer forgé sera ajoutée en 1925 ainsi que quatre obus inertes, "des trophées de guerre" provenant des domaines, renforceront la symbolique.
Une plaque réalisée par le sculpteur M. SAVOUL, suite à une décision du conseil municipal du 18 mars 1919, sera également érigée dans la salle du conseil municipal (actuellement salle des mariages) avec les noms des enfants d’Avignonet Morts pour la France (devis non retrouvé).

L’inauguration du Monument aux Morts le 2 novembre 1919 :
Le dimanche 2 Novembre 1919, en présence d’une population nombreuse et douloureusement émue, le conseil municipal de la commune d ‘Avignonet Lauragais a inauguré les 2 monuments qu’il a consacrés à la mémoire des jeunes hommes de la commune morts pour la France pendant la Grande Guerre 1914-1918.

Les membres du conseil municipal présents à cette solennité étaient :

- M. Le Baron Desazars de Montgailhard, Maire
- M. Raymond Cailhas Adjoint
- M. Henri de Crouzet Rayssac Adjoint
- M. Auguste Maynadier
- M. le Docteur Emile Espinasse
- M. Hippolyte Bouton

- M. le Docteur Louis de Santi
- M. Pierre Berquières
- M. Jacques Page
- M. Germain Haybrard
- M. Antonin Fauré
- M. Firmin Bénazet.

La cérémonie a commencé par l’inauguration d’une plaque de marbre érigée à la mairie, dans la grande salle des délibérations, et rappelant le nom de toutes les victimes de la dernière Guerre appartenant à la commune. M. le Maire l’a présentée au conseil municipal en rendant hommage à la mémoire de ceux qui figuraient sur cette plaque et en particulier à la mémoire d’un de ses plus jeunes conseillers municipaux M. Antoine Guilhem.
Puis il a invité la population à défiler devant cette plaque commémorative et à suivre le conseil municipal sur la place du Ravelin où a été élevé le monument public qui glorifie les trépassés.

 

M.le Maire a de nouveau pris la parole devant ce monument et s’est exprimé en ces termes :
(extraits….)
« « Mes Chers compatriotes, le 2 novembre n’est plus seulement le jour commémoratif de nos morts familiaux suivant la tradition religieuse. Par une loi promulguée au Journal Officiel du 25 Octobre dernier, il est également devenu un jour de deuil national consacré à la mémoire des victimes de la grande guerre 1914-1918. (….) La loi votée par le Parlement de la France, votre conseil municipal ne l’avait pas attendue pour rendre un solennel hommage aux Enfants de la Commune d’ Avignonet Lauragais qui ont fait à la cause sacrée de la Patrie le sacrifice de leur vie.
Et, dès ce (dernier) anniversaire, il vous convie à inaugurer les 2 monuments funèbres qu’il leur a consacrés à votre nom (.…) Il en sera désormais de même à Avignonet Lauragais pour nos morts de
la Grande Guerre 1914*1918. (….) nous leur avons élevé un monument sur la principale place publique et nous avons inscrit leurs noms sur une plaque de marbre dans la grande salle de la Mairie. Leurs noms seront, en outre, rappelés publiquement à chaque solennité semblable à celle d’aujourd’hui (….) Ceux qui sont morts pour la Patrie ont droit que sur leur tombe la foule vienne et
prie. » Combien est plus grand ce devoir de la prière après la si longue guerre de 1914-1918 ! Il y a été satisfait par un pieux monument élevé en notre église paroissiale. Vous n’avez pas manqué de vous rendre nombreux et recueillis à sa consécration. Et vous y avez entendu un éloquent panégyrique des Enfants de la Paroisse Morts pour la France.(..…) Aujourd’hui, c’est à tous les enfants de la commune que nous étendons notre commémoration douloureuse et glorieuse. (….) A l’inscription gravée dans la grande salle de la maire nous avons joint un monument public d’apothéose. Le voici exécuté dans la mesure de nos moyens, mais non indigne de la glorification due à ceux que nous pleurons. Il sera sans cesse présent à nos yeux pour nous rappeler nos chers disparus. En passant devant lui, dans le quartier le plus fréquenté du bourg, à la jonction des principales rues et de nombreux chemins, nous ne manquerons jamais de la saluer pour exprimer notre gratitude et notre admiration envers ceux qui par la mort, ont si contribué à faire la France toujours vivante. (….) » »

 

Après la seconde guerre mondiale une plaque portant la mention ‘’ 14-18 _39-45 ’’ est venue masquer l’inscription d’origine qui ne concernait que la première guerre. Dans les années 60 une plaque est apposée pour les conflits d’Indochine et d’Algérie. Dans les années 80 le monument sera reculé et le socle modifié pour trouver son emplacement actuel.
Érigé à titre d′hommage public dans la quasi-totalité des communes françaises, les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale sont le témoignage matériel manifeste de la reconnaissance de la nation tout entière à l′ égard de ceux qui sont morts pour la défendre, et qui, à ce titre, ne doivent pas sombrer dans l’oubli.
Notre monument aux morts est le témoin d’un passé douloureux pour de nombreuses familles d’Avignonétains dont un mari, un père ou un frère sont morts sur les champs de bataille. Il fait partie intégrante du paysage, à tel point qu’on passe devant sans vraiment le voir, et on ne s’y arrête plus qu’une ou deux fois par an à l’occasion d’une commémoration officielle. Vous le regarderez peut être autrement après la lecture de ces quelques lignes.
A la veille du centenaire de la fin de la Grande Guerre, rappelons nous de l’horreur de cette guerre et de la souffrance des poilus !

Crédits photos : Studio VVG – site cartes postales – Fonds documentaires : Archives départementales – Mairie Avignonet – Bruno Alasset – Claude Bouche. Un grand merci à Jean-François PAGES et Pierre LACANS, qui nous ont facilité l’accès aux divers documents en mairie.